Par Soph'aux manettes
Notre saison 2 en Guyane nous a permis d’approfondir notre connaissance de ce petit bout de France en Amérique du Sud. En clair, nous avons fait des choses que nous n’avions pas faites l’été dernier. Parmi nos nombreuses découvertes 2009, nous avons notamment assisté au départ d’Ariane 5 depuis un site « rapproché », situé à 7,5 km de la base de lancement.
Pour obtenir les précieux sésames qui nous ont permis d’accéder au site « Agami », situé au sein de la propriété du CSG (Centre Spatial Guyanais), j’ai tout simplement fait une demande auprès du service com’, à l’image sans doute des 400 péquins qui étaient à nos côtés pour partager ce moment privilégié... Oui : 400 !
Il faut dire que le "port spatial de l'Europe" ne lésine pas quand il s’agit de travailler son image auprès du grand public (aurait-il des choses à cacher – genre les
expropriations des amérindiens pour construire le Centre, les boosters (propulseurs) lâchés au milieu de l’Océan à chaque décollage, etc. ?) !
Nous avions donc rendez-vous à 16h à la médiathèque de Kourou pour grimper, vers 17 h, dans des cars spécialement affrétés par le Centre pour nous conduire jusqu’au site Agami.
A bord, une hôtesse nous a briefés sur les consignes de sécurité. Le site, interdit au moins de 18 ans, doit être évacué en cas de « pépin ». Cependant, c’est la voix enjouée qu’elle nous explique le fonctionnement du masque à gaz – oui, du masque à gaz ! L’objet nous sera fourni en cas de problème et nous devrons calmement nous rediriger vers les cars – Sauve qui Peut ! – De plus, si on sent du chlore après le décollage, il ne faudra pas s’inquiéter, ça vient de la combustion du lanceur… Puisque je vous dis que tout ça est hyper safe et naturel…
Bref, après quelques barrages de gendarmerie, une heure de route et de piste en latérite, au milieu d’une végétation étrangement sèche (Bizarre, non ? La Guyane n’est pas réputée pour être une région aride) voilà que tout ce petit monde se dirige comme un seul homme vers LE point de vue imprenable – évidemment – sur la fière Ariane 5, prête à décoller à 19h08. Il faut souligner que nous sommes alors au milieu de nulle part, ça fait un peu genre « Rencontre du Troisième Type » comme l’a alors très justement souligné le Mouton.
Bien sûr, comme on en fait jamais trop pour les opérations séduction, deux magnifiques tentes, style barnum, sont là pour nous abriter en cas de pluies (quand je vous disais que la Guyane n’est pas aride). Un écran géant diffuse les images des clients et ingénieurs présents dans la salle des commandes – j’ai oublié de dire que ce lancement devait mettre en orbite deux satellites : un japonais et un australien. Comme la simple vue de ces images n’est pas suffisante : deux commentateurs nous fournissent des explications complémentaires – façon Léon Zitrone.
L’heure d’attente passe très vite et tous les yeux sont rivés sur Ariane, au loin. A moment où le compte à rebours annonce H-10 secondes, tout le monde se tait. C’est très impressionnant, il n’y
a plus un bruit sur le site, où, je vous rappelle, nous sommes tout de même environ 400 (sans compter les pompiers) ! 5 – 4 – 3 – 2 – 1 – 0 - mise à feu… et mise en route du mode rafale des
appareils photos !! C’est hallucinant, silence complet sauf le bruit des appareils photos…
Le décollage est très
impressionnant puisque la fusée s'élève sans un bruit, dans un nuage de lulmière et de fumée. Je ne vous ferais pas un cours sur la vitesse de la lumière et la vitesse du son… Les bruits de
la fusée nous arrivent donc en décalé et s’est tout simplement assourdissant - voire flippant ! Ensuite, le spectacle continue avec la prise d'altitude, le lâcher des boosters et le changement de trajectoire de la fusée. Une demi-heure après
le décollage, les deux satellites sont mis en orbite. Ils commenceront à émettre après une douzaine d'heure.
Le spectacle est magnifique, si l'occasion se présente, n'hésitez pas à y assister mais tout cela donne à réfléchir... En plus la durée de vie d'un satellite est de seulement quinze ans et on ne
les récupère jamais : vive les poubelles spatiales !
Bonus : la vidéo officielle...

Après vous avoir parlé des animaux tropicaux et de la forêt amazonienne
(appelé aussi parfois brocoli pour sa vue aérienne - n'est-ce pas Faustomas ? - ), le moment est venu de vous montrer la plage ! Car oui, en Guyane, il y a bien des plages bordées de
cocotiers et l'on peut même se baigner dans l'océan Atlantique. L'eau y affiche des records de températures, frôlant les 30°C ! Certes, elle n'est pas bleue canard wc mais que c'est agréable de
s'y baigner ! Elle doit d'ailleurs en grande partie sa couleur "maronnasse" aux quantités d'alluvions drainés par le plus grand fleuve du monde, l'Amazone, qui se jette à quelques 200 km de
là...
En plus, en Guyane, si l'on s'aventure sur la plage de nuit (pour les
couches-tôt, je précise qu'il fait nuit noire à 19h), eh ben, on peut croiser des tortues luth ! Et c'est pas rien de croiser une tortue luth car c'est quand même le plus gros reptile du monde.
Elle peut faire jusqu'à 2 mètres et atteindre les 900 kilos ! Nous avons eu la chance de tomber à la bonne période, entre ponte et émergences (
Sans guide aguerri, la
forêt ne peut que demeurer une immensité impénétrable car même le soleil a renoncé à s'y frayer un chemin ! Le Mouton sauvage et moi-même avons plongé dans l'aventure en inscrivant
nos pas dans ceux de "Sylvanio", énervant tant il évolue et s'oriente avec facilité dans cette inextricable "jungle". A se demander s'il n'a pas des liens de parenté avec Mowgli.
Tandis que nous, plus
habituées aux trottoirs parisiens qu'aux sols feuillus et racinus (eh, oh, on a le droit d'inventer des mots quand même !), devions rester focalisées sur nos pieds, lui dressait un
chemin au coupe-coupe et avançait avec l'aisance d'un cabri ou plutôt un jaguar, c'est plus approprié au lieu. C'est pas justeeeeeeeeu ! (et encore, je ne vous parle pas de notre descente du
fleuve Approuague ... Dans l'eau, avec des gilets de sauvetage, nous nous sommes laissées porter par le courant en agitant frébilement nos membres pour nous diriger... Tandis que lui, tranquille
(et sans gilet de sauvetage bien sûr) semblait marcher sur le fond (non, je vous jure que, lui non plus, n'avait pas pied)).
Derniers Commentaires